Le Salon des Poètes de Lyon

Présentation pour la saison 2020/2021 avec masques ...

en guise de préambule

welcome

Est-ce assez que d'aimer si on ne sait pas mettre dans l'amour toute la poésie et toute la  musique du ciel et de la terre

Guy de Maupassant


 

 Pour visualiser les 3 colonnes de ce blog en une seule fois il est préférable de régler le zoom sur 80 ou 90  %

un bandeau au-dessous du titre vous propose quelques catégories


 

 

 Vous pouvez cliquer sur les photos dans nos textes pour les voir en format plus grand.

( le nom de domaine est depuis quelques années www.salonpoeteslyon.fr)


 

nos concours 2020/2021 :

Nos Concours de poésie francophones 2020/2021 sont maintenant échus : ils ont connu un grand succès. Nous avons stérilisé tous les documents reçus et maintenant les membres masqués du jury sont enfermés en séminaire, chacun dans une cage vitrée et ils n'en sortiront qu'après leurs délibérations finales : comme tous les ans, les résultats seront publiés à la rentrée, et les lauréats seront avertis individuellement


 

Notre blog n'est pas exclusivement réservé aux règlements de Concours mais également à d'autres présentations telles que les productions de nos Poètes émérites, l'annonce de nos activités ainsi que les albums photos rendant compte des dites-activités, qu'elles soient culturelles, sportives ou...culinaires...

L'actualité sanitaire fait que nous avons été obligés de nous adapter : plus de rencontres qualifiées affreusement de "présentielles", animations dominicales mensuelles, réunions du Groupe d'études, remises des Prix, sorties du Salon...Pour le moment toutes ces activités sont supprimées, précautions obligent, mais, même si nous sommes d'un naturel optimiste, il ne faut pas se leurrer, le retour à la normale n'est pas pour un avenir immédiat...Aussi nous utiliserons ce formidable instrument de communication qu'est notre Blog, en attendant mieux ! Et nous vous souhaitons de continuer avec nous en prenant toutes les précautions nécessaires.

venirvoir

car nous avons une majorité de visiteurs muets, bien sûr cette remarque est sujette à plusieurs paramètres car il faut :

1/connaitre l'adresse de ce blog 2/s'y connecter 3/savoir lire 4/savoir écrire...ce qui n'est pas donné à tout le monde...

et c'est encore pire depuis le virus ...heureusement les visiteurs étrangers sont là !

le Maître de la toile...


 

 

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08 juillet 2021

La Légende personnelle

J'avais publié ce texte sur mon blog personnel en mai 2020, mais je pense qu'au début des vacances, ce pourrait être un superbe exercice pour ceux qui ont la passion d'écrire.
Paulo Coelho dans son livre L'Alchimiste, qui devint un best-seller avec des millions d'exemplaires vendus dans 22 pays, parlait de la LÉGENDE PERSONNELLE de chacun. Ceci est une clé dans son livre qui en contient bien d'autres plus ou moins cachées...
Nous vivons dans un monde qui se morfond, qui, dans son ensemble, a perdu la notion de simple joie de vivre. Un monde où tout est concurrence, où les gagnants le font savoir aux perdants, enfin à ceux qu'ils pensent être perdants.
Bien sûr, bien souvent ils le sont, par le manque de Bonheur, le manque d'Amour, le manque de santé, le manque de richesse, le manque de travail, et en cherchant bien on pourrait encore trouver une multitude de manques...
La tristesse de vivre, la solitude, la maladie, la pauvreté, le chômage, tels sont les maux qui frappent, souvent durement, une multitude de gens et tout cela est agravé en ces mois de Mars, Avril 2020.
Tout cela ils l'ont affronté, ils l'affrontent dans leur vie de tous les jours et c'est devenu une triste habitude. Et pourtant qu' y a-t-il de nouveau qu'il leur reste à accomplir ? Malgré tous ces tracas, la VIE.
Il n'y a rien de plus beau que tout cela, ils doivent apprendre, il faut leur apprendre que demain encore le soleil luira pour tout le monde, donnant un espoir chaque jour renouvelé et cela malgré les tracas de la vie quotidienne. A chaque malheur, petit ou grand, s'opposent des bonheurs, petits ou grands ; s'il le faut, contentons-nous des petits bonheurs et réjouissons-nous en, ils peuvent grandir et devenir de grands bonheurs.
MAIS le constater ne suffit pas, il ne faut pas rester passif mais agir : il ne suffit pas en cette période dramatique qui touche le Monde entier de dire "ça ira mieux demain". A l'image des singes chinois ils ne veulent voir, ne rien dire et ne rien entendre. Le déni a un prix : déjà 140000 morts connus en date du 17 avril 2020 et une crise économique comme le Monde n'en a jamais supporté, nous attend (déjà 22 millions d'Américains au chomage en un mois). Certains diront : ah oui mais faut pas être négatif...CELA NE SUFFIT PAS ! Le Monde doit inventer un nouveau paradigme pour remplacer la mondialisation actuelle,abandonner l'idée d'être le plus beau, le plus fort, le plus riche et ne plus vivre PAR les autres mais POUR et AVEC les autres.
Et tout cela fait partie de la La légende personnelle de chacun, revivons notre passé, imaginons un livre, un grand livre où tout est inscrit et chacun sera étonné de sa propre vie, de la quantité considérable de pages qui est déjà écrite et qu'il doit continuer à écrire en faisant évoluer, circonstances obligent, ses options de vie.
Point n'est besoin de faire appel à l'extérieur, tout est en soi...A chacun de le trouver, d'abord réfléchir, seul, puis agir...avec les autres.
Et cela pourrait être le sujet d'un devoir de vacances : essayer de reconstituer sa légende personnelle en remontant le plus loin possible dans le temps. Des praticiens de l'accompagnement, souvent nouvelageux, guident sur ce chemin...moyennant finances...ors, cela chacun peut le faire tranquillement chez soi, sans même avoir besoin de regarder son ego dans un miroir. Je voyage ainsi dans mon temps en le pratiquant souvent et j'expliquai cela à une amie thérapeute qui me répondit : mais c'est ce que je fais faire à mes patients !. Et il est bon d'ouvrir un cahier ou un carnet pour le noter, avec de la patience on est surpris à quel point les souvenirs reviennent, pas toujours en ordre chronologique, d'où l'intérêt de noter. Donc, si le coeur vous en dit, prenez le temps pour ce bon devoir de vacances...
Gérard-Antoine Demon
(je suis remonté à ma période de la poussette, mais une photo m'énerve : je ne me souviens pas quand et où elle a été prise)

 

 

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07 juin 2021

Bénin chante Cadou, réédition avec compléments

J'adore l'immense poète que fut René-Guy Cadou, j'adore le chanteur Môrice Bénin : cadeau !

cadou

avec Hélène !

voir en commentaire précision importante

MAIS :

Morice Benin, est un chanteur, auteur-compositeur-interprète français, né à Casablanca au Maroc le 21 juillet 1947 et mort à Die le 19 janvier 2021.

et pour le plaisir j'ajoute un extrait de son site spécifique :

L’œuvre de Cadou le poète a été rêvée, aimée, habillée de musique, et sera chantée par des poètes.

Car poètes ont été tous les auteurs de ce spectacle…

C’est une entreprise risquée de chanter l’œuvre écrite d’un autre…

Sauf quand l’osmose est évidente par-delà la mort de l’un, quand la rencontre est aussi éclatante et émouvante.

René-Guy Cadou (1920-1951), poète charnel et lumineux, pétri des soucis et angoisses de son temps, être de rêves et de racines, violent dans ses infinies caresses, amoureux de l’amour… ne pouvait rencontrer que des frères.

Pour ceux qui ignorent encore tout de lui, quelle merveilleuse rencontre que ce spectacle, fervent et savoureux comme son verbe.

Morice Benin, tendre et virulent, plus de trente disques, des livres, des essais, des milliers de kilomètres parcourus sur les routes de la Chanson…

Et (momentanément) délaisse les siens pour se mettre au service de l’autre. La tessiture de la voix, la personnalité de l’homme s’accordent étonnamment avec les mots, la musicalité d’une écriture.

Ces textes, Benin les a habillés d’une musique qui porte le verbe sans prendre le pas sur lui, en retrouvant sa ligne mélodique profonde.

Et de cette lente plongée poétique, l’on ressort comme harmonieux, avec l’étonnement d’avoir fait une rencontre importante…

Françoise Morvan


Cadou, le sourcier

Cadou nous a imaginé vivants, aujourd’hui…

C’est pour cela qu’il nous a désignés dans l’un de ses plus beaux poèmes :

 « Pour plus tard »,

Comme s’il avait pu percevoir, un demi-siècle par avance, notre quête…
Sa poésie irrigue notre toundra intérieure. Elle ne nous lâchera plus !

Elle demeure source d’évidence s’écoulant à travers la roche, sur le calcaire de notre résignation, là où bruissent un silence et une solitude solaires.
Les mots de Cadou n’existent alors que pour nous ramener à cet essentiel que nous n’aurions jamais dû délaisser ne serait-ce qu’un seul instant : Le foisonnement bienfaiteur d’une nature souveraine, la flammèche amoureuse rendant supportables nos existences chaotiques, la bolée de cidre amicale pour faire trinquer humour et fidélité… Le tout pressentant un sens qu’à défaut d’autre chose, nous appelleront divin, aux antipodes des conforts religieux et plaçant l’être en face de la grande question du sens de l’existence…

C’est cela la poésie de Cadou : Elle nous relie par un fil invisible à tous les « A » fondateurs : Arbre, Amour, Amitié, Absolu… et Allégresse en prime.

Comme s’il n’avait été qu’un grand frère-explorateur revenant de derrière le couchant en nous débroussaillant des pans entiers de ciel pur…

Morice Benin


Lettre d’Hélène Cadou

« … Quels mots trouver pour vous dire l’intense fraternité éprouvée l’autre soir avec un public dont l’enthousiasme et l’émotion étaient infiniment perceptibles pour moi qui, dans l’ombre, René à mes côtés comme parlant chaque vers, chaque murmure, vous écoutais offrir sa peine, sa joie, ses cris portés par votre voix, votre musique, comme si vous les ressentiez à chaque minute au présent… C’était cela, grâce à cette magie du talent et de la vocation profonde, tout était au présent : la table de Louisfert  et la parole murmurée, grandissante, qui dépasse les murs et envahit les cœurs.

Vous donnez, parce que vous le ressentez au plus vrai, la force de cette parole à tous et la musique si belle emporte loin le message… Merci au plus vrai… Comme à un frère de René, je vous dis ma fidèle amitié »

Hélène Cadou, le 17 janvier1991 : Première au Forum des Halles de Paris.


Ce qu’en dit la presse…

« Une voix incomparable pour chanter la poésie d’un certain René-Guy Cadou, cet instituteur de Loire Atlantique mort en 1951 à l’âge de 31 ans, que Morice Benin a merveilleusement mis en musique, ce qui donne des chansons d’une beauté, d’une profondeur et d’une richesse rares.

« Les morts jeunes sont aimés des dieux…»

Morice Benin, lui, est aimé des hommes et des femmes de notre temps, particulièrement de ceux et des celles, tous âges confondus, qui pour l’entendre, le déguster, se sont retrouvés en grand nombre à l’auditorium. Sur les visages des spectateurs, une attention extrême, une admiration sans faille, une complicité de tous les instants. Morice Benin mérite la note maximum.

Et l’admiration, finalement, va avec la même passion discrète et intimiste au poète mort « dans la fleur de son âge », et à son talentueux interprète. Ils sont indissociables pour le cœur et la raison… »

Micro, « Le Dauphiné libéré »


« Dès les premières minutes, Morice Benin sait installer une émotion qui ne retombera pas. Rien de passéiste pourtant dans ce récital : mis en musique avec beaucoup de talent, les textes de l’auteur ressortent avec une urgence, une actualité, une véhémence toutes nouvelles…

Installé devant un bureau, le chanteur allume une bougie et écrit dans la pénombre. Une bande diffuse des chants d’oiseaux, les cloches de l’église, et le grattement de la plume sur le papier. Cette brève mise en scène crée une ambiance complice. De superbes parties de guitare (Dominique Dumont) enchâssent les couplets, et la voix sait parfaitement faire ressortir les phrases-chocs qui ponctuent les poèmes. « Je n’ai que les droits du plus faible… »

Morice Benin sait pourtant préserver une part de mystère, susciter des interrogations chez les spectateurs. Il a ouvert de nouvelles pistes dans la compréhension de l’œuvre du poète, dont on a pas fini de faire le tour. »

J.-P. B., « L’éclaireur »


« … Aussi rigoureux, rares et talentueux que soient les spectacles et les disques de Morice Benin, il faut entendre cet artiste exceptionnel de vive voix. Rarement cette expression n’eut plus de sens qu’au sujet de Benin chantant Cadou. Le timbre vif et chaud installe un climat de qualité partout où il se produit… Charnels, simples, accessibles, ces poèmes n’ont pas fini de toucher les générations d’aujourd’hui et de demain qui ne le connaissent pas. … Parions que ce sera grâce à des chanteurs comme Morice Benin que la voix de Cadou continuera de ce faire entendre au cours de ce siècle.

 Grand prix de l’Académie Charles Cros, Morice Benin a réalisé un prodigieux travail autour du poète… »

A. Thimel


 le site : http://moricebenin.fr/ où vous pouvez lire ses écrits et même acheter ses CD



 

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25 mai 2021

La Poésie en hiéroglyphes...

A demi-confinés je vous propose de continuer la visite de quelques textes poétiques, je vous propose de remonter le temps de quelques...siècles !

Tu te lèves beau dans l'horizon du ciel,

Soleil vivant, qui vis depuis l'origine.

Tu resplendis dans l'horizon de l'est,

Tu as rempli tout pays de ta beauté.

Tu es beau, grand, brillant. Tu t'élèves au-dessus de tout pays.

Tes rayons embrassent les pays, jusqu'aux confins de ta création.

Toi qui es Rê, tu les soumets tout entiers,

Les liant tous pour ton fils aimé.

Tu es loin, mais tes rayons sont sur la terre.

Tu es sur le rivage des hommes, et l'on ne connaît pas tes venues.

Quand tu reposes à l'Occident, sous l'horizon,

La terre est dans une ombre, semblable à celle de la mort…

A l'aube, tu resplendis dans l'horizon, tu illumines, toi le soleil ;

Dans le jour, tu chasses le noir lorsque tu donnes tes rayons.

Les deux pays s'éveillent en fête, les hommes se lèvent sur leurs pieds,

A cause de toi, ils lavent leur corps, prennent leurs vêtements ;

Leurs bras s'ouvrent pour adorer ton lever,

La terre entière fait son ouvrage…

Tu développes le germe dans les femmes

Et de la semence fais des hommes,

Entretenant le fils dans le sein de sa mère,

Et l'apaisant pour qu'il ne pleure pas ;

Nourrice dans le sein,

Tu donnes à ce que tu crées le souffle qui l'anime.

Quand l'enfant sort du sein… le jour de sa naissance,

Tu ouvres sa bouche et tu pourvois à ses besoins…

Combien nombreuses sont tes oeuvres, mystérieuses à nos yeux !

Seul dieu, toi qui n'as pas de semblable,

Tu as créé la terre selon ton coeur, alors que tu étais seul,

Les hommes, toutes les bêtes domestiques et sauvages,

Tout ce qui est sur la terre et marche sur ses pieds,

Tout ce qui est dans le ciel et vole de ses ailes ;

Les pays étrangers, Syrie et Nubie, et la terre d'Égypte,

Tu as mis chaque homme à sa place

Et tu pourvois à leurs besoins.

À chacun sa provende et son temps de vie.

Leurs langues sont diverses en paroles,

Leurs caractères aussi et leurs teints diffèrent ;

Tu as distingué les contrées.

Tu crées le Nil débordant des Enfers et le fais surgir par amour

Pour que vivent les habitants, puisque tu les as faits pour toi,

Tous les pays les plus lointains, tu les fais vivre,

Tu leur as donné un Nil qui déborde du ciel

Pour descendre sur eux, battre les coteaux de ses ondées

Et arroser leurs champs entre leurs villages.

Tu es seul à resplendir sous tes aspects de soleil vivant ;

Que tu apparaisses à peine ou que tu sois au comble de l'éclat,

Que tu sois loin ou te rapproches,

Tu as créé des millions de formes de toi seul,

Villes et villages, les champs, les chemins et le fleuve…

Les êtres de la terre se forment sous ta main comme tu les as voulus.

Tu resplendis, et ils vivent ; tu te couches et ils meurent.

Toi, tu as la durée de la vie par toi-même, on vit de toi.

Les yeux sont sur ta beauté jusqu'à ce que tu te couches.

Depuis que tu as fondé la terre, tu les élèves pour ton fils,

Issu de ta chair, le roi des deux Égyptes.

(sur le site du Ministère de l'Education Nationale, le grand hymne à Aton datant du XIVième siècle avant notre Ere)


 

et cela a été mis en musique par Philpp Glass dans l'EXTRAORDINAIRE opéra Akhenaton à qui le texte serait attribué...en plus des mots je vous laisse rêver !

 

 Depuis que j'ai eu connaissance de cet opéra par un ami musicien érudit, je n'ai eu de cesse de me procurer le coffret de 3 CD (durée plus de 3 heures !). Il faut préciser que cet opéra ne peut être représenté partout car il nécessite un orchestre et des choeurs importants, les paroles sont en langues anciennes et il est commenté par un narrateur en langage moderne du pays où il est joué ; de même le dispositif scènique est fort important. Et donc l'hymne à Aton est l'un des passages-clés de l'oeuvre.

Gérard-Antoine Demon

 

 

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18 mai 2021

Le Salon des Poètes de Lyon fait le tour du monde...

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29 avril 2021

Rencontre

Voici une promenade dans la Sagesse : cette Sagesse est partie prenante, comme la Poésie, de la Littérature et de la Culture en général et impose une grande humilité...Je l'ai constaté maintes fois. Il me fut donné, à plusieurs reprises, de faire des rencontres avec quelques personnes sortant du commun, dont certains de très haut niveau : voici l'un de ces personnages.

Une amie aidait dans le village du Bois d'Oingt un vieux monsieur, pour sa cuisine et son ménage. Souvent elle me disait combien c'était un personnage passionnant et qu'elle aurait aimé que je le connaisse.

L'occasion vint un jour où il décida d'organiser un repas de dimanche avec ses vieux copains du village. On se retrouva donc six ou sept autour dune belle table dressée à l'ancienne, nappe blanche, joli service d'assiettes, de verres et d'argenterie, avec mon amie comme cuisinière et serveuse. La grande salle de séjour était, elle aussi à l'ancienne, on peut dire surannée, avec des tableaux anciens, des vitrines débordantes de livres et de documents, et chose spectaculaire, des piles de dossiers énormes posés en haut de bibliothèques et s'élevant presque jusqu'au plafond !

Ce vieux monsieur était un noble vieillard à la couronne de cheveux blancs tel qu'un homme aimerait devenir, prenant son temps pour réfléchir puis pour parler, et visiblement il était fatigué par l'âge et un peu dépassé par ses autres convives qui échangeaient sur les potins des autres vieillards du pays et sur des souvenirs quelconques mais importants pour eux.

Il me proposa et demanda à mon amie de nous servir le café sous le grand arbre du jardin, loin des conversations futiles. Mais me direz-vous, qui était-il ? Un très vieux professeur de philosophie ayant enseigné une grande partie de sa vie dans une Université de Paris ! Vous imaginez la sagesse de ses propos. Je lui parlai de mes propres passions, la poésie, la recherche historique, l'architecture sacrée, les religions. Ainsi se passa notre entretien dans ce jardin agréable, puis les autres convives arrivèrent et... notre conversation s'arrêta. Ce grand jardin entourait une superbe maison bourgeoise de trois étages dont il était propriétaire avec deux de ses frères dont l'un était concertiste de réputation internationale, vivant dans le même village. Jacques, c'était son prénom, occupait quant à lui le rez-de-chaussée de la maison.

L'après-midi passa trop vite, puis je rentrai chez moi. Le lendemain je reçus un coup de téléphone de mon amie qui me dit que notre conversation avait tellement plu au vieux professeur qu'il voulait absolument me revoir, mais tranquillement sans les autres. Et je revins...Il m'expliqua que les piles de dossiers étaient des thèses de philosophie dont il avait supervisé la rédaction et l'exécution, ainsi que d'autres qu'il avait eues à juger à l'Université de Paris.

La conversation continua sur les tableaux accrochés au mur, surtout sur l'un d'entre eux, une Vierge à l'enfant datant vraisemblablement du XVI-XVII ième siècle : il eut un sourire et alla chercher un énorme carton rempli de dossiers et de feuilles écrites de sa main. Car, d'après ses doutes, ce tableau était un original d'un Maitre italien, dont une copie se trouvait au musée de Montpellier ! Et cela venait conforter le commentaire et l'analyse que j'en avais fait à l'instant ! Nous échangeâmes alors longtemps sur le différents indices ...parmi cette grande pièce pleine de trésors.

Puis, dans le jardin, sous l'arbre protecteur,  il me parla de Philosophie, de la Sagesse et insista sur le Sophisme des Philosophes grecs, conversation où je percevais son érudition et aussi, justement, sa sagesse !

Cette double rencontre fut vraiment merveilleuse.

Quelques temps après j'appris que, tombé malade, notamment en raison de son grand âge, il avait été hospitalisé. Et il partit ainsi.

Gérard-Antoine Demon

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16 avril 2021

Un voyage dans la mythologie grecque

Comme vous êtes toujours confinés et grands amateurs de la Poésie, donc de la Culture en général, je vous propose aujourd'hui un voyage dans ma mythologie...


 

Après avoir mené la révolte contre Cronos, mon père Zeus et ses deux frères se partagèrent l'Univers. Mon oncle Poséidon reçut l'Empire des Mers, Hadès les Enfers et mon père se réserva l'Olympe, occupant de ce fait le Palais des Dieux.

Une fois installé sur son trône, il décida de prendre une épouse, et son choix se porta sur Héra : elle accepta et devint la femme du maître de l'Olympe. Je naquis ainsi de leur union et fut appelé Héphaïstos. Il est à remarquer qu'avec mon frère Arès, nous fûmes les deux seuls enfants légitimes de Zeus et Héra, nos autres demis frères et sœurs Athéna, Apollon, Artémis, Hermès et Dionysos étant tous issus d'unions illégitimes de notre père.

Les chroniques de l'époque disent que j'étais un enfant sain, solide et vigoureux. Cependant j'avais un énorme défaut : contrairement aux habitudes de l'Olympe, j'étais laid, affreusement laid. Ma mère eut honte de cette tare contraire aux normes de l'esthétique, et décida que je ne pouvais pas rester dans ce lieu et me chassa du ciel. Elle me jeta hors de l'Olympe, je tourbillonnai une journée entière dans le ciel pour tomber, à l'heure du coucher de Hélios, sur une petite île de la mer Égée, Lemnos au large de Troie. Je tombai mal et en touchant le sol me cassai une jambe. Heureusement, de braves femmes habitaient là, elles me recueillirent pendant 9 ans dans une grotte et me soignèrent, mais ne purent me guérir tout-à-fait et ainsi je restai définitivement boiteux.

Je compensais ce défaut physique par mon intelligence et mon sens artistique. Ayant rencontré un nain forgeron, il m'apprit son métier. Je commençais par fabriquer des colliers, des bijoux, des bracelets : je les offris en guise de remerciements aux femmes qui m'avaient recueilli et soigné. Je fis de rapides progrès et aimant faire des cadeaux, j'entrepris de fabriquer des articles de qualité que j'offrais aux membres de ma famille et à leurs amis : des flèches pour Apollon et sa sœur Artémise, un sceptre en or pour mon père, une faucille pour Déméter ainsi que des armures pour Héraclès et Achille. J'entrepris même la construction en série de fauteuils magiques que j'offris à chacun des Dieux, leur permettant ainsi de se rendre par eux-mêmes à leurs assemblées.

hépha rubenstableau de rubens/wikipédia

 

Toutes mes actions vinrent logiquement aux oreilles de Zeus qui se prit à regretter le geste de rejet lors de ma naissance. Il décida de me nommer Dieu du Feu et Maître des Cyclopes. Après cette nomination, je pouvais enfin revenir dans l'Olympe parmi les miens. Mais lors de mon retour, ils me firent un accueil ironique, même ma mère me reçut avec un air moqueur. Je remerciai mon père de ma nomination et me jetant à ses pieds, je lui demandai l'honneur d'avoir une épouse. Il refusa, prétextant que toutes les déesses étaient déjà mariées.

Bien déçu, je retournai dans mon domaine. Après avoir réfléchi, il me vint une idée et je me mis au travail. Je fabriquai un trône extraordinaire orné de parures magnifiques, et revenu dans l'Olympe, je l'offris à ma mère Héra et retournai chez moi. Héra s'installa sur le trône mais ne put s'en relever, immobilisée par une nuée de fils invisibles ! Elle appela du secours, tous les Dieux accoururent pour la délivrer, mais sans succès. Héra décida de me faire chercher par Arès puis Dionysos qui m'enivra, j'arrivai dans une Olympe bouleversée mais posai mes conditions : je délivrerai ma mère que si j' obtenais la promesse de mon mariage avec une déesse, mais pas n'importe laquelle, la plus belle Aphrodite. Ma demande fut acceptée et je délivrai ma mère.

Il faut dire que mon métier avait considérablement progressé, la qualité de mon travail faisait que je recevais des commandes de tous côtés, des Dieux, des demis-Dieux et même des mortels.

On m'attribue ainsi et entre autres  :

la ceinture d'Aphrodite, les armes d'Achille, les sandales ailées de Persée, la cuirasse d'or d'Héraclès, les flèches d'Artémis et Apollon, les flèches d’Éros...

Mon installation de l'île de Lemnos étant devenue insuffisante, et devant passer du stade artisanal au stade industriel, je pris possession des cavernes du volcan de la nymphe Etna dans l’île de Sicile, utilisant le cratère du volcan en guise de forge. Je fis appel à des ouvriers spécialisés, une centaine de cyclopes dont le plus célèbre était Polyphème. Ces travailleurs infatigables n'avaient pas, certes , un physique très agréable : d'une taille colossale, avec un corps velu, une barbe hirsute, une chevelure broussailleuse, avec un seul œil au milieu du front caché par d'épais sourcils.

La charmante et volage Aphrodite, frêle et délicate, ne put supporter cette vie souterraine parmi les brasiers , avec le bruit des forges, des marteaux sur les enclumes et de tels ouvriers...

Elle me trompa notamment avec Arès, mais Apollon jaloux m'en prévint : je tressai alors un immense filet pour capturer les deux amants et conviai tous les Dieux au spectacle. Mais ils moquèrent de moi et furieux je retournai dans mon domaine. De sa rencontre avec Arès, Aphrodite eut un fils Éros et elle me quitta pour se réfugier à Chypre.

J'eus également des démêlés avec Apollon, mon oncle Hadès s'étant plaint des succès médicaux du fils d'Apollon, Asclépios à Zeus ; ce dernier se servit alors de ma foudre pour frapper et détruire Esculape. Apollon pour se venger prit l'arc et les flèches dont je lui avais fait cadeau pour exterminer mes Cyclopes. Et il fut exilé hors de l'Olympe par Zeus.

Hephaistost

temple d'Héphaïstos à Athènes/wikipédia


 

J'étais connu dans tout le monde antique, également à Rome sous le nom de Vulcain, on m'a aussi surnommé le diable boiteux et encore de nos jours j'en porte le nom et les stigmates... comprenne qui saura car tout est relatif...

Gérard-Antoine Demon

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02 avril 2021

Un document en hommage à la co-fondatrice du Salon

haikusisley

et nos différents articles pour en savoir plus sur elle :

https://www.canalblog.com/rechercher/posts/bach%20sisley%20site%3Awww%2Esalonpoeteslyon%2Efr

bachsisley

 

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31 mars 2021

Nos Concours de poésie

 

Le lendemain de l’échéance de nos différents Concours de poésie, nous avons une bonne nouvelle : il nous est apparu que notre implantation lyonnaise pouvait établir un rapprochement avec la cuisine régionale, que nous apprécions particulièrement avec notre mâchon habituel de rentrée, lorsque les circonstances le permettent...mais notre garde-virus sera en action (on apprend que pendant quelques temps il utiliserait aussi un fauteuil roulant bionique) :

garde virus

Les cotisations de nos Membres émérites servent en partie à financer nos prix de Concours et leur manque va nous pénaliser. Aussi, cette année les prix seront remplacés par des dotations en nature : nous avons beaucoup travaillé et négocié à ce sujet notamment par notre Vice-Président qui s’est attelé à cette tâche ardue.

Donc le premier prix de notre concours adulte sera doté, pour son vainqueur, de son poids en andouillettes lyonnaises qualité AAA+ ; les prix suivants recevront qui une tête de veau farcie, qui 3 kilos de boudins ainsi que des plats de gratons, de jésus et de tabliers de sapeur.

notre jury en pleines négociations chez notre sponsor la charcuterie La Tête de l'Art tenue par Laurent Douille et sa femme Véronique à la Croix-Rousse :

jury1

jury3

jury6

 

En ce qui concerne les concours enfants nous avons décidés de les doter en friandises, sucreries et autres sucettes de fabrication régionale. Et, comme habituellement, ces différents prix seront théoriquement remis solennellement au cours d’une rencontre théoriquement en présentielle (oh le vilain mot mais les médias n'en sont plus à ça près...) au mois de Novembre prochain, nous insistons : théoriquement....

Et nos prochaines réunions du Groupe d'Etudes du vendredi soir pourraient (pandolinite oblige) avoir lieu dans les locaux de notre généreux mécène :

jury10

D'ailleurs, à sa demande, nous allons changer le sigle du Salon qui deviendra :

3pti_cochons

et comme il nous a été rappelé que certains pouvaient ne pas aimer le cochon, même lyonnais, nous avons trouvé la solution en le remplacant par du poisson

avril1


                                          

donaldrigol

 

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17 mars 2021

Chronique de notre Garde des Sous

cotisations

malle trésor

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03 mars 2021

Ca va être le Printemps (des Poètes confinés)

Du 13 au 29 mars 2021

Édition 2021
Le Désir

L’affiche de la 23e édition du Printemps des Poètes, signée Sarah Moon, est désormais disponible à la commande.

printemps

Édition 2021
Le Désir

Quelle profonde inquiétude, quel désir d’autre chose,
Autre chose qu’un pays, qu’un moment, qu’une vie,
Quel désir, peut-être d’autres états d’âme…

S’exclamait Fernando Pessoa sous le masque d’Álvaro de Campos. En portugais aussi, le désir nous relie aux étoiles. Tout droit tombé des astres et des regrets latins : desiderare qui vient de sidus, sideris.
Comme un ciel étincelant d’absences. Une aimantation vitale. Un souhait ancestral, jamais élucidé, jamais rassasié, jamais exaucé.

Alors oui, après L’Ardeur, La Beauté et Le Courage, voici venu le Printemps du Désir.

Des longs désirs de Louise Labé aux désirs obstinés d’Olivier de Magny. Du désir de gloire des chansons de geste jusqu’au rude chemin des plus hauts désirs de René Daumal. De l’anéantissement, qui mène au rien du nirvana, jusqu’au désir sans fin d’Éros.

Depuis le grand désir du plaisir admirable de Pernette du Guillet jusqu’au fragile et subreptice désir de vivre d’Alejandra Pizarnik, en passant par l’amour réalisé du désir demeuré désir qu’est le poème pour René Char. De Philippe Desportes, qui entendait Avoir pour tout guide un désir téméraire, jusqu’au plus sentimental spleen d’Alain Souchon, qui nous a mis en tête refrains et souvenirs : Mon premier c’est Désir

Du Cantique des cantiques aux désirs éperdus de ce troisième millénaire menacé, tout reste à fleur de mots.

Et à oser ensemble, au plus intime de soi.

Sophie Nauleau

sur le PDF suivant vous trouverez une bibliographie sur le désir : bibliographie_sur_le_d_sir (lien)
et comme d'habitude le Salon des Poètes de Lyon participe activement à cette opération.

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25 février 2021

Prière

Pour continuer notre promenade pour amateurs de poésie confinés, cette prière semble avoir été écrite par un grand croyant...et pourtant...

 

Ô mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour

Et la blessure est encore vibrante,

Ô mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour.

Ô mon Dieu, votre crainte m'a frappé

Et la brûlure est encor là qui tonne,

Ô mon Dieu, votre crainte m'a frappé.

Ô mon Dieu, j'ai connu que tout est vil

Et votre gloire en moi s'est installée,

Ô mon Dieu, j'ai connu que tout est vil.

Noyez mon âme aux flots de votre Vin,

Fondez ma vie au Pain de votre table,

Noyez mon âme aux flots de votre Vin.

Voici mon sang que je n'ai pas versé,

Voici ma chair indigne de souffrance,

Voici mon sang que je n'ai pas versé.

Voici mon front qui n'a pu que rougir,

Pour l'escabeau de vos pieds adorables,

Voici mon front qui n'a pu que rougir.

Voici mes mains qui n'ont pas travaillé,

Pour les charbons ardents et l'encens rare,

Voici mes mains qui n'ont pas travaillé.

Voici mon coeur qui n'a battu qu'en vain,

Pour palpiter aux ronces du Calvaire,

Voici mon coeur qui n'a battu qu'en vain.

Voici mes pieds, frivoles voyageurs,

Pour accourir au cri de votre grâce,

Voici mes pieds, frivoles voyageurs.

Voici ma voix, bruit maussade et menteur,

Pour les reproches de la Pénitence,

Voici ma voix, bruit maussade et menteur.

Voici mes yeux, luminaires d'erreur,

Pour être éteints aux pleurs de la prière,

Voici mes yeux, luminaires d'erreur.

Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon,

Quel est le puits de mon ingratitude,

Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon,

Dieu de terreur et Dieu de sainteté,

Hélas ! ce noir abîme de mon crime,

Dieu de terreur et Dieu de sainteté,

Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur,

Toutes mes peurs, toutes mes ignorances,

Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur,

Vous connaissez tout cela, tout cela,

Et que je suis plus pauvre que personne,

Vous connaissez tout cela, tout cela,

Mais ce que j'ai, mon Dieu, je vous le donne.

 

Car, en vérité, et cela est surprenant, l'auteur de cette magnifique prière s'appelle ...Paul Verlaine dans son recueil Sagesse !

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21 février 2021

Poésie anglaise (for all our English-speaking visitors)

Let me not to the marriage of true minds
Admit impediments. Love is not love
Which alters when it alteration finds,
Or bends with the remover to remove:
O no! it is an ever-fixed mark
That looks on tempests and is never shaken;
It is the star to every wandering bark,
Whose worth’s unknown, although his height be taken.
Love’s not Time’s fool, though rosy lips and cheeks
Within his bending sickle’s compass come:
Love alters not with his brief hours and weeks,
But bears it out even to the edge of doom.
If this be error and upon me proved,
I never writ, nor no man ever loved.

w s

William Shakespeare, le sonnet 116 repris par Jane Austen dans son roman Sense and Sensibility

(portrait supposé)

 

 

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11 février 2021

The last 100 visitors


in summary : welcome and thank you

100 us

 

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27 janvier 2021

Et encore pour les Poètes confinés !

dans les archives du Musée de Charleville-Mézières

rimbaudet si vous cliquez dessus, vous le lirez en grand format

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18 janvier 2021

De la lecture pour les poètes confinés : Jean Cocteau

Conformément à notre principe adopté et plébiscité à l'unanimité par les Membres du Salon des Poètes, nous continuons notre cycle de conférences virtuelles quant à la Poésie : quiconque se prévaut d'être adepte de cet Art se doit de connaître ce texte essentiel.

 

Les 7 dialogues de Jean Cocteau avec le Seigneur inconnu qui est en nous

J'ai eu envie de repartager avec vous ce texte magnifique et méconnu de Jean Cocteau où il fait l'éloge de la Poésie ; prenez du temps pour le savourer, reprenez-le plusieurs fois si nécessaire, lisez-le dialogue par dialogue. J'ai visionné une scènographie de ce texte réalisée dans un Palais des Congrès, et cela était superbe.

PREMIER DIALOGUE

Comme je demandais : Seigneur n'userez-vous pas de nos mains pour vous construire un Temple, car si vous ne construisez pas un Temple, où pourrons-nous consacrer votre règne ? Il répondit : je construirai ce Temple mais vous ne le verrez pas, car il sera fait de chiffres et les chiffres deviendront des nombres si vous en êtes dignes et ce Temple aura nom : Poésie, car il ne saurait avoir d'autre nom. Et je disais : Comment le reconnaitre et ne pas le confondre avec un Temple d'idoles car leur adresse est grande à simuler la splendeur ? Il répondit : Mon Temple n'affichera pas de splendeurs et il n'existera que par votre volonté qu'il existe et nul autre architecte ne serait capable de l'édifier en un lieu . Je vous le répète il ne prendra ses assises sur aucun lieu sauf sur celui de votre Science et de votre Amour. Et sans votre Science le Temple ne peut s'édifier et sans votre Amour, il tomberait en poussière en admettant qu'une science feinte le puisse édifier en un lieu. Et comme je lui demandais : Qui nous enseignera cette Science ? il répondit : Cette Science est en vous mais elle dort et c'est à votre Amour de la réveiller d'un sommeil de mauvais rêves et lorsque vous l'aurez réveillée elle vous sourira et se lèvera de sa couche de nuages et elle bâtira le Temple que vous nommerez Poésie parce qu'il ne saurait avoir d'autre nom.

DEUXIEME DIALOGUE

Il dit : Car ce Temple sera un livre et ce livre le registre où je fais mes comptes, le registre de ma comptabilité. Malheur à ceux qui faussent les chiffres du livre car ils n'entreront jamais dans mon règne et jamais n'entreront dans mon règne ceux qui auront ri du livre, ceux qui auront jeté le livre , ceux qui se seront assis à ma droite pour insulter leurs frères qui ont écrit dans le livre. Car il n'y a ni gauche ni droite et qui prétendrait s'asseoir à ma droite fausserait les chiffres et les fausserait par orgueil. N'entreront pas dans mon règne ceux qui faussent les chiffres à leur profit et cherchent à s'enrichir en ajoutant aux chiffre le zéro qui les engloutira dans sa bouche. Je vous le dis, Jean a mangé le livre à Patmos de peur que le livre ne le mange. Car il y a des livres qui mangent les Hommes et mon livre vous mangera mais à seule fin de consommer votre méta-morphose. Car vous deviendrez chiffres et nombres et vous serez les colonnes du Temple qui portera le nom Poésie parce qu'il ne saurait porter d'autre nom.

TROISIEME DIALOGUE

Et comme je demandais s'il me serait possible de recevoir quelque lumière sur la science qui nous fera bâtir le Temple, il dit : Ne cherchez pas toujours à comprendre ni à savoir. Je vous guiderai d'abord et vous saurez ensuite. Et à quoi servirait-il que je vous dise ce qu'il faudra prendre de la boue et des chiffres et de ces chiffres et de cette boue faire un amalgame dont les vertus ridiculisent celles de l'or. A quoi servirait-il d'apprendre que le poème n'est pas un automate en qui quelque magicien fixe une seule pensée mais un organisme apte à mettre au monde des significations. Et vous servirait-il de savoir que ces significations sont innombrables, qu'elles échappent aux ouvriers du Temple et que le Temple seul pourrait leur révéler le secret final de leur besogne. A quoi servirait-il d'apprendre que le hasard résulte de l'infirmité des Hommes et qu'il n'est que le reflet des joyaux de ma couronne. Je vous le dis : Ne cherchez pas à quel usage je destine ce Temple et quelle sera votre tâche, car votre tâche sera celle d'aveugles et le Temple se nommera Poésie parce qu'il ne saurait porter d'autre nom.

QUATRIEME DIALOGUE

Et comme je demandais: Suis-je digne d' être un de ceux qui écriront des chiffres dans le livre ? Il dit : En vérité il n' y a ni passé, ni présent, ni futur et ceux qui écriront des chiffres dans le livre les ont toujours écrits et les écriront toujours. Vous avez écrit des chiffres dans le livre et je vous ai rendu invisible pour protéger le livre, et je vous ai rendu visible pour qu' on puisse vous bafouer, car si vous n' étiez pas bafoué, les chiffres s' effaceraient d' eux-mêmes dans le livre et vous n' y auriez rien écrit. Et comme je demandais : Me suis-je souvent rendu coupable de me croire libre de désobéir à vos ordres ? Il dit : Qui donc n' a pas désobéi à des ordres ? C' est le rôle des enfants, des poètes et des héros de désobéir à des ordres et c' est pour la désobéissance que l' obéissance est faite, et l' esprit souffle à l' esprit de désobéir. Car si vous n' étiez qu' obéissance vous vous remueriez pour bien des choses alors qu' il importe de comprendre la minute où le Maître exige la désobéissance et vous ordonne secrètement de quitter votre humble besogne afin de vous asseoir à ses genoux. Et ceux qui refusent de désobéir vous reprocheront de les quitter sans tourner la tête, car si vous tournez la tête, vous désobéirez à la désobéissance et cet acte vous changerait en statue de sel. Et si vous n' obéissez pas à l' ordre de désobéir vous resterez esclaves du deux et deux font quatre qui fait rire mes anges, et vous ne pourrez pas être un des ouvriers du Temple, mais seulement construire une de ces tristes casernes où vivent les morts.

CINQUIEME DIALOGUE

Et comme je ne voyais plus rien et n'entendais plus rien, et comme le silence ressemblait au silence et le vide au vide, j'interrogeai le vide et le silence. Et j'entendis : je suis le vide et le silence et il n'y a ni vide ni silence et le Temple sera fait de vide et de silence car votre vide n'est pas vide et votre silence n'est pas silence. Et à quoi servirait-il le livre des chiffres s'il s'agissait d'orner le vide et le silence ? Je vous le dis : ils n'aiment que l'ornementation et de cette ornementation rien ne reste dans le livre et ceux qui croient avoir peuplé le livre apprendront qu'ils n'ont rien écrit et que les chiffres du livre sortent du vide et du silence comme mes serviteurs apparaissent et disparaissent aux yeux humains, parce qu'ils ne viennent pas de l'espace, mais du temps et que ce n'est dans l'espace mais dans le temps qu'ils s'en retournent. Et ni le temps, ni l'espace ne peuvent exister l'un sans l'autre, et ni l'un ni l'autre n'existent. Et parce que vous avez deviné beaucoup de ces choses obscures, je vous parle encore et vous annonce que vos chiffres serviront à construire le Temple et qu'il se nommera Poésie parce qu'il ne saurait porter d'autre nom.

SIXIEME DIALOGUE

 Et comme je demandais s'il ne fallait pas craindre certains vocables qui risquent d'être soufflés par une force maligne, il dit : " Dans mon règne on ne juge pas, on pèse. Et vos actes s'y poursuivent sous une forme sans le moindre rapport avec celles que leur attribuent les humains. Votre tribunal fait rire mes anges car pureté, c'est unité et le mal n'existe que si l'unité se divise, et je suis trois en un, et au milieu de ce triangle il y a un oeil qui vous regarde."

SEPTIEME DIALOGUE

 Et j'entendis le rire des anges. C'était l'envers du silence et leur troupe nidifiait sur les corniches du Temple, et le Temple s'appelait Poésie parce qu'il ne pouvait avoir d'autre nom.

 

cocteau

 

sym-267

même si elle ne peut plus me lire, merci à MLT pour m'avoir fait connaitre ce texte et la vidéo de la scènographie

A la lecture de ces 7 dialogues, il est évident que Jean Cocteau n'y a pas fait seulement l'éloge de l'Art poétique, il y a présenté une véritable Connaissance, certains diraient pythagoricienne. Et quand on prend le temps de lire ce texte, on y découvre des vérités, des allusions précises à la Tradition, qu'elle soit primordiale ou non. On en trouve d'ailleurs de nombreuses traces dans les oeuvres de Jean Cocteau, qu'elles soient écrites, picturales ou théatrales (chapeau)... Il faut prendre le temps car la patience mène à la Lumière et parfois à l'Illumination...là est la différence : avoir le temps ou prendre le temps.

Gérard-Antoine Demon

 

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08 janvier 2021

Dans les bras de Morphée

 

Plongé dans un profond sommeil

Sur le sein de ma douce fée...

Je pose un baiser de vermeil

Plongé dans un profond sommeil

Près de cet être sans pareil,

Je glane ainsi quelque trophée,

Plongé dans un profond sommeil

Sur le sein de ma douce fée !

 

Tels des poissons dans un vivier

Enlacés dans un même rêve...

Nous ne craignons point l'épervier,

Tels des poissons dans un vivier

Blottis sur un lit de gravier,

Nous rêvons de lointaine grève !

Tels des poissons dans un vivier

Enlacés dans un même rêve !

 

Lorsque Morphée ouvre les bras,

C'est alors que je me réveille...

Nenni de poissons dans mes draps,

Lorsque Morphée ouvre les bras,

La fée hélas que j'aperçois,

C'est mon oreiller qui sommeille,

Lorsque Morphée ouvre les bras,

C'est alors que je me réveille !

 

Pierre Le Petit Galand †

 

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05 janvier 2021

Espoirs...avec nos Voeux pour 2021 !

voeux1et nous espérons, sauf évènements ou décisions officielles obligatoires 

voeux2Les circonstances ont fait que les échanges de Voeux ont été bien pertubés...Nous regrettons tous la possibilité de se rencontrer pour vivre cette période en se rencontrant (également pour la traditionnelle galette des Rois pour fêter l'Epiphanie). Aussi, à l'image de plusieurs Associations, nous vous proposons de nous envoyer vos Voeux 2021 à partager par le moyen des commentaires (en dessous de cet article) ; des Voeux ont pu être déjà échangés entre vous par le circuit des mesageries internet, mais attention : du fait de leur envoi en nombres, ils ont été souvent classés en spam par les systèmes de protection et leur expéditeurs notés comme indésirables (longue liste de ceux qui ont échangés, déjà 15 au 6 janvier, en plus en destinataires visibles  !).

Aussi nous vous recommandons d'utiliser le circuit commentaires du blog qui offre toutes les garanties nécessaires. Les Membres du Salon des Poètes de Lyon qui liront ce message de Voeux sont invités à en faire part aux autres. Et, bien entendu tout visiteur du blog est invité à partager ses Voeux avec nous (commentaires publiés après modération) en effet, ce système est un formidable instrument d'échanges offert pour remplacer les contacts habituels.

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24 décembre 2020

Manifestation en rouge

colèrenoelCAR IL N'Y A PLUS DE CHEMINEES A L'ANCIENNE

et quand c'était le bon temps :

père noel

malgré les circonstances, passez un joyeux Noel dans la joie, la bonne humeur et le partage convivial !

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15 novembre 2020

A la place de nos rencontres dominicales

Du fait des circonstances actuelles avec un méchant virus qui rôde dans les rues, nous ne pouvons plus vous présenter nos rencontres dominicales mensuelles avec animations musicales ou conférences et causeries : aussi nous vous proposons de rester dans la note par quelques propos littéraires illustrés.


 

La co-fondatrice du Salon, avec Emile Albert, Madame Jean Bach-Sisley, fut un personnage important de la vie littéraire et culturelle du début du XXième siècle : elle anima tant à Paris qu'à Lyon des Salons littéraires très fréquentés par les artistes et créateurs de l'époque.

jean bach-sisley

Son œuvre fut considérable, la Bibliothèque de Lyon possède bon nombre de ses ouvrages, tant en prose qu'en vers, aussi bien en écriture personnelle qu'en parution de groupes. Je suis moi-même en possession d'une édition originale de l'un de ses ouvrages de poèmes en prose "Vitres et vitraux" dédicacé de sa main en 1927 à Marcel Rivière, futur grand résistant et signature importante du Progrès.

vitraux1

vitraux2

Et je vous en propose quelques extraits...

 

Au bord du lac

Le lac entre les coteaux boisés vibrait comme une strophe ; saphir liquide dans une coupe de bronze vert griffée par le soleil aux ongles d'or.

Le train courait le long de la berge, et tous nous regardions le lac, les collines molles, et le ciel resplendissant, nous disant que toute la Beauté était là, et que rien n'est plus grand que ta splendeur, Nature, et ton immuabilité.

Dans la portière s'encadrait un couple. Elle fixait au loin ses yeux profonds : l'eau brillante s'y reflétait, le soleil y dansait, mais elle ne voyait rien, car ses yeux étaient pleins de larmes .

Quand elle était entrée dans le wagon silencieux, surchauffé, j'avais pensé : "la pauvre créature !" Le front bas sous les cheveux rares, la robe usée, elle était sans charme, et sa jeunesse même paraissait pleine d'années. Lui, irradié de force, semblait couronné de rêve. Sans doute, ce rêve allait-il à cette belle étrangère qui, sous les dentelles, tout à l'heure, au quai de départ lui avait souri.

Aventure facilement devinée : le ménage modeste va passer quelques jours , longtemps attendus dans la station à la mode ; une idylle se noue, banale, entre la baigneuse riche, désoeuvrée et perverse, et le beau mâle ébloui, pris de vertige devant le luxe soudain révélé, les séductions insoupçonnées de l'élégance.

Puis la douleur de l'autre , l'humble, la laide qui aime, et sent qu'elle ne peut lutter ; douleur qui se contient, s'amasse dans l'âme et tout à coup, se cristallise dès l'ébranlement du train.

Oui cela sans doute, ou autre chose, mais sûrement l'écroulement d'un bonheur.

Les larmes coulaient, coulaient silencieuses. Il voulut l'attirer dans ses bras, elle le repoussa. Dominatrice la main virile s'abattit sur la poitrine qui palpitait , et saisit le sein libre sous la blouse flottante. Domptée par la brutale caresse, déjà reconquise dans sa chair, elle laissa les sanglots monter, révéler toute sa peine immense, le corps tremblait de souffrance et de désir, les mots de reproche et de passion jaillissaient pressés, dans un idiome inconnu ; et sa douleur sauvage lui faisaient une beauté. Alors, je sus, Nature, qu'il est quelque chose de plus grand que toi : le coeur qui souffre, et que plus profondes, plus mystérieuses que le lac sous le soleil d'été sont les larmes sous l'ardent Amour.


 

L'idéal

Sur le dur chemin de ma vie, une grande fleur blanche a poussé. A son calice j'ai mis mes lèvres, et ma bouche garde une saveur de miel. De ce miel, je me nourrirai désormais sur le chemin de la vie.

Sur l'aride chemin de la vie, une source fraîche a jailli. Dans son onde, j'ai lavé mon front, souillé de la poussière des routes, j'ai baigné mes paupières rougies par les veilles et par les larmes. La fraîcheur divine de la source rend l'air léger sur l'âpre chemin de la vie.

Sur l'obscur chemin de ma vie, une étoile brillante a lui. Son rayon a frappé mes yeux, las de se pencher vers le sol, et je m'en vais dans la lumière sur le chemin noir de la vie.


 

l'étang dans la carrière

"A mon amie, le grand sculpteur J.Bardey"

bach statue

La mer est proche, mais on ne la voit pas ; on entend seulement sa claire confidence des jours de grand ciel limpide, et l'on perçoit l'odeur chaude de son repos.

La carrière abandonnée est un cirque allongé au fond duquel dort un large étang. Les assises rocheuses hautes et lisses tombent à pic dans l'eau si bleue qu'on dirait un immense saphir dans une monture fruste.

Pas une ride, pas un souffle sur la surface immobile.

Rouge, gris, vert, jaune, blanc ou pailleté de mica le rocher brûle sous le soleil, s'effrite meurt en menues parcelles dans l'onde recueillie, attentive et profonde.

Sur les cimes, les pins fument sous l'ardeur estivale, laissant couler leur sang âcre, éclater leurs fruits odorants ; l'âme des fleurs s'exaspère, l'arôme des cystes rôde et s'étire dans l'air embrasé, le grand soleil visite la carrière et plonge son dard au fond de l'étang solitaire. Comme un rayon d'amour au fond d'un oeil fasciné, il l'éclabousse d'or.

L'oeil, immense et bleu, est largement ouvert et ne voit rien, il est clair et ne reflète rien ; il ne connaît que le rayon qui le pénètre et la chaude odeur de la mer au repos.


On reste émerveillé devant ces poèmes en prose de celle à qui le Salon des Poètes de Lyon doit beaucoup, et dont les oeuvres restent fort méconnues...

Vous pouvez partager cet émerveillement en posant un commentaire comme vous le feriez oralement un dimanche après-midi !

(cet article est une reprise de plusieurs parutions précédentes et anciennes)

Gérard-Antoine Demon

 

 

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