Dimanche 6 Février, une grande Dame nous a quitté, après une vie bien remplie, à l'âge de 91 ans : Andrée Chedid.

Il est impossible de citer son oeuvre tellement elle fut immense dans le domaine de la poésie, des romans et nouvelles, des récits, du théatre. Née au Caire et d'origine libanaise elle est un véritable exemple pour la Francophonie, quoique pratiquant plusieurs langues ; on peut se reporter à sa biographie parue chez Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9e_Chedid

Les hommages rendus ont été unanimes et nombreux. A cette occasion, Télérama publia par un blog ( http://www.telerama.fr/livre/un-poeme-pour-saluer-andree-chedid,65387.php )   l'un de ses nombreux poèmes, le Rien :

J’ai traversé le Rien
Aux jours de mon enfance
Déchiffrant la mort
En nos corps d’argile
Et de brièveté
J’ai récusé l’orgueil
Disloqué les triomphes
Dévoilé notre escale
Et sa précarité

Cependant j’y ai cru
A nos petites existences
A ses saveurs d’orage
Aux foudres du bonheur
A ses éveils ses percées
Ses troubles ou ses silences
A ses fougues du présent
A ses forces d’espérance
Au contenu des heures

J’y ai cru tellement cru
Aux couleurs éphémères
Aux bienfaits de l’aube
Aux largesses des nuits
Oubliant que plus loin
Vers les courbures du temps
L’explosion fugace
Ne laissera aucune trace
De nos vies consumées

Et qu’un jour notre Planète
A bout de souffle
Se détruirait

in Rythmes, éd. Gallimard, 2003

A

 


"Ma mère m'a initié à l'idée d'être artiste" par Europe1fr