Bien entendu, cet article va passionner les membres érudits du Groupe d'études, et les autres...
ARome on appelait centon les morceaux de tissu dépareillés que les légionnaires cousaient l’un à l’autre afin de se fabriquer un sous-vêtement. (Ces centons n'ont rien à voir avec les santons des crèches provençales). Par la suite on nomma centon un jeu littéraire qui consistait à composer un poème original en partant de vers empruntés à l’œuvre de poètes différents.
En voici un exemple composé de vers enpruntés à 9 poètes !

 

Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre (1)

Où jadis, pour m’entendre, elle aimait à s’asseoir (2)

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir (3)

L’air est parfois si doux qu’on ferme la paupière. (4)

 

Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme (5)

Embaumant les jardins et les arbres d’odeurs. (6)

Tout commence en ce monde et tout finit ailleurs (2)

D’autres vont maintenant passer où nous passâmes. (2)

 

Aux regards d’un mourant, le soleil est si beau ! (7)

Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau (8)

Que ne m’est-il permis d’errer parmi les ombres ? (9)

 

Maintenant, ô mon Dieu, que j’ai ce calme sombre (10)

Il n’est rien de commun entre la terre et moi (11)

Hélas ! en te perdant, j’ai perdu plus que toi ! (12)

 

Et  les auteurs originaux de ces vers (en référence aux numéros indiqués)

1 - Lamartine Le lac

2 - Hugo Tristelle d’Olympio

3 - Beaudelaire Harmonie du soir

4 - Rimbaud Roman

5 - Albert Samain Il est d’étranges soirs

6 - Ronsard Comme on voit sur la branche

7 - Lamartine L’Automne

8 - Marceline Desbordes-Valmore Les Séparés

9 - La Fontaine Adonis

10 - Hugo A Villequier

11 - Lamartine L’Isolement

12 - Boileau A Iris