Comme vous êtes toujours confinés et grands amateurs de la Poésie, donc de la Culture en général, je vous propose aujourd'hui un voyage dans ma mythologie...


 

Après avoir mené la révolte contre Cronos, mon père Zeus et ses deux frères se partagèrent l'Univers. Mon oncle Poséidon reçut l'Empire des Mers, Hadès les Enfers et mon père se réserva l'Olympe, occupant de ce fait le Palais des Dieux.

Une fois installé sur son trône, il décida de prendre une épouse, et son choix se porta sur Héra : elle accepta et devint la femme du maître de l'Olympe. Je naquis ainsi de leur union et fut appelé Héphaïstos. Il est à remarquer qu'avec mon frère Arès, nous fûmes les deux seuls enfants légitimes de Zeus et Héra, nos autres demis frères et sœurs Athéna, Apollon, Artémis, Hermès et Dionysos étant tous issus d'unions illégitimes de notre père.

Les chroniques de l'époque disent que j'étais un enfant sain, solide et vigoureux. Cependant j'avais un énorme défaut : contrairement aux habitudes de l'Olympe, j'étais laid, affreusement laid. Ma mère eut honte de cette tare contraire aux normes de l'esthétique, et décida que je ne pouvais pas rester dans ce lieu et me chassa du ciel. Elle me jeta hors de l'Olympe, je tourbillonnai une journée entière dans le ciel pour tomber, à l'heure du coucher de Hélios, sur une petite île de la mer Égée, Lemnos au large de Troie. Je tombai mal et en touchant le sol me cassai une jambe. Heureusement, de braves femmes habitaient là, elles me recueillirent pendant 9 ans dans une grotte et me soignèrent, mais ne purent me guérir tout-à-fait et ainsi je restai définitivement boiteux.

Je compensais ce défaut physique par mon intelligence et mon sens artistique. Ayant rencontré un nain forgeron, il m'apprit son métier. Je commençais par fabriquer des colliers, des bijoux, des bracelets : je les offris en guise de remerciements aux femmes qui m'avaient recueilli et soigné. Je fis de rapides progrès et aimant faire des cadeaux, j'entrepris de fabriquer des articles de qualité que j'offrais aux membres de ma famille et à leurs amis : des flèches pour Apollon et sa sœur Artémise, un sceptre en or pour mon père, une faucille pour Déméter ainsi que des armures pour Héraclès et Achille. J'entrepris même la construction en série de fauteuils magiques que j'offris à chacun des Dieux, leur permettant ainsi de se rendre par eux-mêmes à leurs assemblées.

hépha rubenstableau de rubens/wikipédia

 

Toutes mes actions vinrent logiquement aux oreilles de Zeus qui se prit à regretter le geste de rejet lors de ma naissance. Il décida de me nommer Dieu du Feu et Maître des Cyclopes. Après cette nomination, je pouvais enfin revenir dans l'Olympe parmi les miens. Mais lors de mon retour, ils me firent un accueil ironique, même ma mère me reçut avec un air moqueur. Je remerciai mon père de ma nomination et me jetant à ses pieds, je lui demandai l'honneur d'avoir une épouse. Il refusa, prétextant que toutes les déesses étaient déjà mariées.

Bien déçu, je retournai dans mon domaine. Après avoir réfléchi, il me vint une idée et je me mis au travail. Je fabriquai un trône extraordinaire orné de parures magnifiques, et revenu dans l'Olympe, je l'offris à ma mère Héra et retournai chez moi. Héra s'installa sur le trône mais ne put s'en relever, immobilisée par une nuée de fils invisibles ! Elle appela du secours, tous les Dieux accoururent pour la délivrer, mais sans succès. Héra décida de me faire chercher par Arès puis Dionysos qui m'enivra, j'arrivai dans une Olympe bouleversée mais posai mes conditions : je délivrerai ma mère que si j' obtenais la promesse de mon mariage avec une déesse, mais pas n'importe laquelle, la plus belle Aphrodite. Ma demande fut acceptée et je délivrai ma mère.

Il faut dire que mon métier avait considérablement progressé, la qualité de mon travail faisait que je recevais des commandes de tous côtés, des Dieux, des demis-Dieux et même des mortels.

On m'attribue ainsi et entre autres  :

la ceinture d'Aphrodite, les armes d'Achille, les sandales ailées de Persée, la cuirasse d'or d'Héraclès, les flèches d'Artémis et Apollon, les flèches d’Éros...

Mon installation de l'île de Lemnos étant devenue insuffisante, et devant passer du stade artisanal au stade industriel, je pris possession des cavernes du volcan de la nymphe Etna dans l’île de Sicile, utilisant le cratère du volcan en guise de forge. Je fis appel à des ouvriers spécialisés, une centaine de cyclopes dont le plus célèbre était Polyphème. Ces travailleurs infatigables n'avaient pas, certes , un physique très agréable : d'une taille colossale, avec un corps velu, une barbe hirsute, une chevelure broussailleuse, avec un seul œil au milieu du front caché par d'épais sourcils.

La charmante et volage Aphrodite, frêle et délicate, ne put supporter cette vie souterraine parmi les brasiers , avec le bruit des forges, des marteaux sur les enclumes et de tels ouvriers...

Elle me trompa notamment avec Arès, mais Apollon jaloux m'en prévint : je tressai alors un immense filet pour capturer les deux amants et conviai tous les Dieux au spectacle. Mais ils moquèrent de moi et furieux je retournai dans mon domaine. De sa rencontre avec Arès, Aphrodite eut un fils Éros et elle me quitta pour se réfugier à Chypre.

J'eus également des démêlés avec Apollon, mon oncle Hadès s'étant plaint des succès médicaux du fils d'Apollon, Asclépios à Zeus ; ce dernier se servit alors de ma foudre pour frapper et détruire Esculape. Apollon pour se venger prit l'arc et les flèches dont je lui avais fait cadeau pour exterminer mes Cyclopes. Et il fut exilé hors de l'Olympe par Zeus.

Hephaistost

temple d'Héphaïstos à Athènes/wikipédia


 

J'étais connu dans tout le monde antique, également à Rome sous le nom de Vulcain, on m'a aussi surnommé le diable boiteux et encore de nos jours j'en porte le nom et les stigmates... comprenne qui saura car tout est relatif...

Gérard-Antoine Demon