La guerre des Antiques et des Modernes
Ceci est mon opinion personnelle
Gérard-Antoine Demon
Au moment où le Salon des Poètes s'apprête à célébrer la Liberté dans le cadre du Printemps des Poètes 2026, je reprends un passage de la Lettre du Salon de Novembre 2025.
Du fait de l'évolution des esprits dans le monde de la Littérature et de la Poésie en particulier, de nombreux écrits, poèmes ou autres, sont une expression de la liberté (cela se retrouve dans le domaine des paroles de chansons).
En effet la Poésie n'est plus une équation mathématique, mais un organisme vivant qui refuse de se mettre en cage ! La versification française est en réalité une exception culturelle liée à la nature même de notre Langue. Victor Hugo l'écrit lui-même : « Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. »
François de Malherbe fut le véritable instigateur de la rigueur classique au XVIIe siècle en imposant des règles drastiques. Nicolas Boileau lui succéda en théoricien par son Art poétique, en codifiant les genres.
Pour assumer mon raisonnement, j'ai recherché et étudié quelques éléments :
Résumé des règles de la versification classique :
1/syllabes : rigueur absolue du mètre
2/césure : pause obligatoire au milieu du vers
3/rime : doit alterner entre rime masculine et rimes féminines
4/interdiction des vices : pas d'hiatus, pas d'enjambements brusques, pas de répétitions
Et pour le sonnet la situation est encore pire ! Ce n'est plus de la poésie humaine mais une mécanique d'horlogerie réservée à des initiés. Je passerai sur les règles telles que la structure des rimes, le tournant ou la règle des tercets.
Il ne faut pas oublier que les règles instituées par Boileau avaient pour but la prédominance du Français de la Cour de Versailles sur l'Europe.
Ces règles strictes d'il y a 400 ans, sans émotion ni spontanéité, entraînèrent des contestations et déclenchèrent la réaction des Romantiques au XIXe siècle comme Victor Hugo qui ont voulu briser ce carcan pour laisser plus de place à l'émotion.
Rimbaud, Verlaine prirent la relève avec le vers libre où seul compte le rythme intérieur.
Règles universelles ? Cela est faux : la versification française ne s'adresse qu'au monde francophone, on peut citer le mode germanique/anglo-saxon basé sur l'accentuation, le mode gréco-latin basé sur la quantité, le mode japonais du Haïku basé sur un découpage de sons sur le rythme 5/7/5.
Il est pratiquement impossible d'appliquer les règles de la versification française à une autre langue sans la dénaturer ! Et donc cela constitue une frontière supplémentaire.
La Poésie, ce n'est pas seulement des règles dans un livre, c'est aussi un partage , si les règles empêchent cette chaleur, elles ne servent à rien.
Hugo, Rimbaud et Verlaine n'étaient pas des révolutionnaires, mais des libérateurs
et comme le disait le Philosophe grec Héraclite :
Le Dieu, dont l'oracle est à Delphes,
ne dissimule pas, ne révèle pas,
mais seulement indique.
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